Les déchets de soins provenant des patients atteints d’hépatite virale chronique représentent, s’ils ne sont pas traités de façon correcte, une source potentielle de transmission virale à haut risque. Ces déchets sont produits essentiellement à l’occasion des prélèvements sanguins nécessaire à la surveillance de la maladie et/ou de son traitement et des injections régulières effectuées en cours de traitement.
Les prélèvements sanguins étant effectués par des professionnels de santé, ceux ci prennent habituellement en charge le traitement des déchets dont ils sont producteurs. Cependant, lorsque les prélèvements sont faits à domicile, il arrive que le professionnel de santé réalisant le prélèvement laisse au patient la charge du traitement de ces déchets. Il en est parfois de même pour les injections réalisées dans le cadre du traitement. Ces pratiques sont heureusement assez rares, mais il semble nécessaire , d’une part de les limiter par un renforcement de l’information auprès des professionnels de santé, d’autre part, lorsqu’elles persistent, de donner au patient la possibilité d’assurer le traitement de ces déchets dans des conditions correctes.
Le problème le plus important est représenté par les déchets de soins des patients en auto-injection, dont le traitement, selon la réglementation est à la charge du producteur c’est à dire du patient lui même qui est censé en outre en assurer la traçabilité. Il semble difficile de demander à ces patients d’assumer le coût de ce traitement. En outre, il apparaît difficile pour un particulier d’entrer en contact directement avec un centre de traitement des déchets, d’en assurer le transport, etc…
Quantitativement, le volume de déchets de soins produit par l’auto-injection est faible (un container tous les 3 mois pendant au maximum 12 mois de traitement). Le nombre de patients débutant un traitement au CHU d’Amiens est en moyenne de 50 à 60 par an, ce qui représente donc un maximum de 240 containers à traiter annuellement. Ce volume parait négligeable par rapport à la masse globale des déchets de soins produits par le CHU.
A l’heure actuelle, la solution utilisée par la plupart des centres est d’utiliser des containers sécurisés, fournis gratuitement par les laboratoires pharmaceutiques. Un container est remis au patient en début de traitement, et renouvelé en cours de traitement. Les containers pleins sont rapportés par les patients à l’occasion des consultations et joints aux déchets de soin du service. Cette méthode est efficace et sure, mais ne permet aucune traçabilité.
Nous souhaiterions donc, en tant que pôle de référence du réseau « hépatites » régional mettre au point un système permettant au patient d’assurer le traitement de ses déchets de soins gratuitement, dans de bonnes conditions de sécurité, avec une traçabilité conforme à la réglementation.