Les caractéristiques épidémiologiques de l’hépatite C ont beaucoup évolué dans le temps. Les études effectuées avant 1995 comportent des patients contaminés au début des années 1990, époque à laquelle le risque transfusionnel était important. Les travaux publiés après 1995 concernent des patients infectés après 1992, à l’exception de 2 études menée de 1990 à 1997 et 1998, dans lesquelles les premiers patients inclus étaient encore exposés au risque transfusionnel.
Globalement on note :
- une diminution de l’âge à la contamination
- une augmentation de la proportion de femmes dans certaines séries
- une quasi-disparition de la contamination transfusionnelle
- une prépondérance progressive de la contamination liée à la toxicomanie
- l’émergence de la contamination par accident d’exposition au sang (AES) et de la transmission nosocomiale et sexuelle.
Ces derniers points sont à interpréter avec prudence. En effet, il est curieux d’observer une augmentation supposée de la fréquence de contamination nosocomiale alors que les mesures de désinfection du matériel médical sont de plus en plus rigoureuses, et le matériel à usage unique de plus en plus répandu. L’explication la plus probable est que la transmission nosocomiale est actuellement systématiquement recherchée, alors qu’elle ne l’était pas avant 1995. L’imputabilité étant rarement démontrée il est impossible d’affirmer la relation de cause à effet sur des arguments purement chronologiques. Pour la transmission sexuelle, des facteurs associés, tels qu’une co-infection par le VIH, présents dans certaines études, ne permettent pas de conclure à une augmentation du risque.
Le cas des AES est différent. En effet, le suivi sérologique comportant une sérologie initiale, l’imputabilité n’est pas discutable. On peut penser que l’augmentation apparente du nombre de contaminations par cette voie est plus du à une déclaration de plus en plus exhaustive des AES qu’à une augmentation du risque.